jeudi, septembre 12, 2013

Naissance

Mon enfant est né, ce 11 août. Rien ne s'est passé comme prévu, enfin, pas vraiment. Le 10 au soir, je me suis présentée aux urgences de l'hôpital choisi, à 10mn, à peine de chez ma mère...A plus d'une heure de transport pour mon amour après 22h. J'avais pourtant visualisé un accouchement en journée!! A 22h30, je descends donc du bus qui me ramène à mon chez moi temporaire... Un liquide coule sans que je puisse l'arrêter, puis plus rien, puis de nouveau plus rien... quelques minutes à peine et déjà c'est la panique. Je demande des conseils à mon amoureux et à ma sœur.Est-ce le moment ou pas? Malgré ma peur, je prends quand même le temps de manger. Je tiens à éviter l’hypoglycémie.Collation rapide cependant. Vers 23h, accompagnée de ma mère et mes encombrants bagages, prêts depuis presque un mois (au cas ou), je me dirige vers l'entrée des urgences gynéco obstétriques. Verdict, ce après deux tests, j'ai bien perdu du liquide amniotique. Une "simple" fissure me conduit donc à l'hospitalisation. calme plat au monito. Une longue nuit commence. Panique toujours malgré l'arrivée de mon homme. Les heures s’égrènent doucement. Nous essayons de nous reposer dans le petit lit de la chambre qui m'a été attribuée. Peu de chance de passer une bonne nuit donc. Et la panique, toujours. De temps à autre, la fatigue l'emporte. De temps à autre, la peur de tomber de ce minuscule lit prend le relais. 5h45, un changement...Important qui plus est. La rupture! Panique! J'appelle. Monito. Toujours rien, j'aurais pu le dire moi-même. Du regard, j'implore mon amoureux de rester. Persuadé que ce n'est pas pour maintenant, il souhaite faire un aller retour pour se reposer. A vrai dire, il avait vu juste, sauf peut-être le timing retour. Attente toujours, de temps à autre quelques contractions se font douloureuses et s'enchaînent pour ensuite disparaître. Je ne sens plus rien, plus de contractions ou contractions habituelles. Et puis, sans crier gare, j'ai mal, vraiment mal. Je réveille l'homme de ma vie lorsque la douleur devient difficilement supportable. Autant dire que sans cette douleur, mon dragon intérieur se serait réveillé. L’œil courroucé, je lui aurais lancé alors un: "j'ai besoin de toi et toi, tu dors!" J'appelle de nouveau. Le travail a commencé et même bien commencé. Ouverture de l'utérus à 6. Branle-bas de combat. On me conduit à l'étage supérieur dans une des salles d'accouchement, la numéro 3. On m'installe très vite la péri. Ouf, j'ai quand même droit à la péri, moi qui est cru tomber voire mourir, tellement tout ceci devenait insupportable. (les mots me manquent) D'une échelle de 1 à 10, à combien estimez-vous votre douleur? Réponse de l'intéressée: seulement 10! Alors 10+++++++++..! 15mn plus tard, je suis sur un petit nuage. Les contractions sont là, je le sais. Mais, elles ne me font plus mal. Aucune douleur. Nada. Seulement l'utérus qui se tend. Toujours le petit nuage. Très vite cependant, je ne ressens plus rien du tout. L'impression d'avoir bu une bouteille de champagne toute seule. Euphorie totale, jusqu'à de nouveau ce soit la panique à bord (sans pouvoir pour autant réagir). Mes contractions s'estompant, on m'administre ce fameux produit qui peut provoquer la mort de votre enfant par de nouvelles contractions trop fortes. Et c'est le moment. Il va falloir pousser. Sauf que je ne sens toujours pas mes contractions. Alors, quand pousser... Pire, ce que j'ai appris en cours de préparation dans ce même hôpital-à savoir souffler longuement et pousser au lieu de bloquer et pousser-se retrouve remis en question par les exigences du "staff". Je dois donc bloquer et plus souffler. Panique à bord: les battements du cœur de bébé faiblissent. Le staff se fait plus important. Toujours les mêmes exigences, quelques encouragements et quelques reproches (bah je voudrais bien vous y voir, vous!)Si je ne m'inquiétais pas pour mon fils, je les aurais très certainement fusillés du regard. La ventouse puis les spatules, engendrant inquiétudes et douleurs supplémentaires entrent alors en action. Et puis soudain, alors que je ne pensais plus y arriver; et sans comprendre bien quand et comment: on me présente mon beau bébé. Exténuée, conquise, ravie mais complètement à l'ouest. Durant mes soins dont de nombreux points suite à une importante déchirure (je n'en ai pas conscience à ce moment là), dernières inquiétudes:mon enfant va-t-il bien? Je reste plus attentive aux moindres signes d'un quelconque problème qu'aux explications du médecin. Du moins, j'essaye. Je réussis seulement à capter son poids: 3kg840. Mon amour affiche un large sourire. Alors, tout va bien! Je suis dans un monde cotonneux. D'étranges sensations se bousculent dans ma tête. J'ai donné la vie. Je nais de nouveau avec ce rôle de mère. Après avoir placé sous surveillance la maman et l'enfant, soit deux longues heures, nous regagnions enfin notre chambre. J'informe quelques proches et laisse enfin partir l'heureux papa. Il doit se reposer et récupérer sa fille. Mon fils ou plutôt notre fils arrive donc pour pouvoir saluer sa grande sœur. La panique à bord a du se mettre à l'eau. Je me sens apaisée. Tout semble être à sa place. Je suis à ma place dans ce monde, cette vie. Merci, mon fils!

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