mercredi, mars 21, 2012

Projets immobiliers en tout genre...



A l'automne dernier, certains d'entre vous ont vu ces tracts publicitaires jonchés le sol des rues de Paris, Saint-Denis, Pantin, Colombes ou encore Charenton.
Certains, comme moi-même, ont du les distribuer, job étudiants oblige....
Tractage laborieux, mal de dos garanti au vu de la quantité à transporter sur place en transports en commun, motivation quasi nulle...
Beaucoup de ces pubs finiront d'ailleurs en briques de papier.
Puis, l'idée m'est venue de regarder un peu plus attentivement ce qui était dit et montré...
Tous jouent sur les mêmes figures: couple de jeune trentenaire ou famille avec de jeunes enfants. Tous sont blancs et forcément souriants que ce soit sur les photographies ou les dessins prévisionnels des architectes et annonceurs.
Ces entrepreneurs s'appellent: Bouygues immobilier, Vinci, Ogic, Kaufman & Broad, BNP Paribas.
Tous possèdent des empires. Tous s'enrichissent sur notre dos et notre endettement. Tous jouent sur ce rêve, soit disant à portée de tous: devenir propriétaire. Rêve inaccessible pour beaucoup d'entre nous, malgré ce qu'en disent certains médias et un certain président qui eux aussi relayent ce rêve, sans aucun complexe.
Tous jouent sur l'hypothétique obtention d'un label BBC (bâtiment basse consommation) soit grâce aux choix des matériaux (notamment) soit grâce à des pots de vins versés à qui de droit (après tout, pourquoi pas)... Désolée pour ce cynisme mais je n'ai aucune confiance en ces grands groupes. Et puis être éco-responsable est tellement à la mode de nos jours... Mais le sommes-nous réellement?
Tous en tout cas veulent attirer dans ces nouveaux quartiers ou ces quartiers rénovés proches de toutes les commodités (transports, école, crèche, centres commerciaux, etc) un public plutôt bobo, à l'aise financièrement. Exit les habitants des quartiers dits populaires. Ils les éloignent ainsi un peu plus de la capitale et de leurs lieux de travail. Car, ne soyons pas dupes: les personnes effectuant des trajets de 45mn et plus sont rarement des cadres.
Tous également font miroités des exonérations, des frais offerts, des remises en tout genre, sous certaines conditions bien sûr.
Tout ceci me gêne énormément et d'une certaine façon me révolte.
D'un côté, on vend un rêve, un cadre de vie agréable et plus responsable soit-disant réservé à tous, de l'autre on écarte une nouvelle fois et implicitement toute une partie de la population française.

Alors, je dis à ces messieurs et ces dames de Bouygues, Kaufman, BNP et autre: cessez avec vos rêves!
N'avez-vous pas entendu parler de la crise? Il est vrai qu'elle doit vous paraître lointaine au vu de vos bénéfices annuels, voire comme une aubaine.
Pour nous, l'endettement ou le surendettement sur de nombreuses années; pour vous, de belles affaires en perspective!
Votre plus grand risque, et c'est tout le mal que je vous souhaite, c'est qu'avec cette profusion de projets, certains de vos logements restent vides.
Et je souhaite également, que ces logements inoccupés finissent à la longue par attirer dans ces nouveaux quartiers résidentiels limite chiants, des squatteurs: sdf, étudiants, bénéficiaires du RSA, etc.

Ce que vous nous vendez sur du beau papier bien illustré, n'est ni plus ni moins un moyen de stigmatiser un peu plus les plus précaires d'entre nous, les plus démunis; un moyen de ghettoïser un peu plus nos banlieues et d'enfermer à ciel ouvert une autre partie de la population dans ces nouveaux quartiers où il faut "montrer patte blanche" Bien sûr, certains d'entre nous n'en n'ont pas véritablement conscience, bien sûr, jamais vous ne le direz dans ces termes.

Ce dont j'aimerais entendre parler, c'est de mixité sociale et culturelle. Je veux plus de lieux d'échanges, d'expériences de la vie (bonnes ou mauvaises d'ailleurs), des lieux d'apprentissage, des lieux conviviaux, des lieux où de nouveau on parlerait à son voisin et pas seulement le jour de la fête des voisins. Je rêve de vrais quartiers en fait, à l'instar de celui de la Porte de Montreuil, celui de mon enfance où les bureaux d'une certaine banque ne prenaient pas autant de place.
Puisqu'après tout, ces pubs ne sont ni plus ni moins l'éloge du "chacun pour soi et Dieu pour tous", du chacun chez soi surtout. Allons, allons, ne dépasser plus les limites raisonnables de votre quartier, puisque tout y est, voire de votre rue pour aller soit au travail soit chez vous. Quartiers et constructions qui finissent par se ressembler tous. Copier coller que tout cela, du prémâché, du préfabriqué, du précloné aussi à l'instar de certains films de science-fiction ou livres d'anticipation.
Un monde sans saveur, l'illusion du bonheur.

Alors, messieurs, dames, de Bouygues, Vinci, Kaufman et autre, vous me faîtes chier avec vos rêves qui ne sont pas les miens! Sachez-le, au moins et soyez certains que je suis loin d'être l'exception qui confirme la règle.

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