jeudi, février 09, 2012


Pour ne plus à devoir à y repenser
pour tirer un trait sur tout ça
l'écrire le partager et avancer
Bien sûr j'ai déjà évoqué le sujet, par les détours de la fiction,
dans le fauteuil rassurant du cabinet d'un psy, les yeux plein de larmes
après une soirée arrosée à mon amour....

Mais l'écrire noir sur blanc... jamais

Une petite fille,moi donc, six ans peut-être un peu plus ou un peu moins
(l'âge importe-t-il vraiment?)
Sur les genoux d'un homme (jeune), quelqu'un que je connais (forcément),
mais dont je ne parlerai pas plus. Il me touche là où l'on ne devrait jamais
toucher une enfant. Ce ne sont pas des caresses, ce sont des gestes d'agression de mon intimité, de mon innocence surtout. Je ne dis rien, je ne parle pas... menace de m'emmener chez une voisine, surnommée la sorcière; je croyais vraiment à cette histoire. Peur que ces gestes soient administrés non plus sur moi mais sur ma petite soeur. Honte aussi.
Très tôt j'ai fermé à clef la porte de la salle de bain.
Très vite, je fus mal à l'aise lorsqu'un adulte du sexe opposé voulait simplement m'embrasser sur la joue ou innocemment m'asseoir sur ses genoux.
Très vite, j'ai adopté un comportement étrange, replié mes jambes sur moi-même, un peu comme la position du foetus, et serrer fort mes jambes, comme pour faire disparaître cette zone de mon corps. Ne plus être fille. Ne plus exister.
Déjà dans ma famille, j'avais appris à être une petite fille sage comme une image, je suis une enfant, pas le droit à la parole. Du moins, c'est comme cela que je le comprends.
Après ça, je n'ai fait que renforcé cette façon d'être. Disparaître, être comme invisible, me faire oublier.
Une adulte a du parlé à mon agresseur, ça s'est arrêté comme par enchantement. Je sais qu'elle l'a vu faire. Nous n'en avons jamais discuté.
Pendant de longues années, j'ai cru avoir inventé tout cela, un vague souvenir comme un rêve étrange dont on n'a oublié les détails au réveil.
Pendant de longues années, je me suis détestée. Je n'aimais pas mon reflet dans le miroir, cette autre qui semblait m'accuser... mais m'accuser de quoi? Je ne supportais pas mon corps. Cela fut pire ado. Relations avec les autres difficiles, surtout avec les garçons... encore aujourd'hui, certaines personnes me jugent froides.
Pour ce qui est des relations sexuelles, j'ai perdu ma virginité à 23 ans... Plus tard, je me suis salie aussi en me retrouvant avec des hommes qui ne voyait en moi qu'une récréation, qu'une poupée....pour ne pas dire autre chose. J'ai voulu voir où étaient mes limites, en me perdant moi-même parfois.
Étrangement, j'ai parfois aujourd'hui du mal à accepter des gestes tendres, quand bien même, je sais tout l'amour que cet homme m'apporte et me donne.
Je suppose qu'il me faudra encore du temps pour vivre avec ces expériences subies ou consenties (un peu comme certains s'infligent des blessures sur leur propre corps).
J'espère simplement pouvoir enfin me réaliser, gagner chaque jour un peu plus de confiance en moi.

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