samedi, octobre 01, 2011

Keske un hyperapprenant?


commençons par le commencement Keske un hyperapprenant???

A l'origine, un article en trois parties trouvé sur facebook... page d'une personne publique... Antonio Xavier

première partie sur l'écriture notre rapport à l'écriture et son rapport à l'écriture papier mais aussi clavier.
Tout commence, si on peut dire, par une constatation, l'affirmation même que l'écriture est aussi extérieure à l'humain que l'informatique.
Ainsi, tout fut au commencement basé sur l'oralité. L'apparition de l'écrit et son assimilation fut longue. A noter également, que l'écrit, le savoir écrire fut au départ source de pouvoir.
De cette apparition et assimilation, naquit également des sciences objectives. Petit à petit, tout commencera par l'écrit que ce soit contrat, lois, plan d'une maison, discours, problèmes mathématiques, histoire, etc. Naquit également des arts: calligraphie, poésie, théâtre, et autres genres littéraires.
Il est également intéressant de constater que cette technologie de l'écrit façonne également l'esprit humain, « La technologie proprement intériorisée rehausse la vie humaine, elle ne la dégrade pas. »

L'auteur revient sur les différents supports de l'écrit: parchemin, peaux de moutons, papyrus, papier, pierre, ordinateur... et sur ce qui aujourd'hui nous paraît évident, à savoir qu'un écrit reste. L'importance de l'écrit dans nos sociétés est incontestable; il ne nous paraitrait inconcevable de commencer un travail, sans même avoir signé un contrat... Mais ces fameux contrats, combien les lisent réellement? Vous savez, ces petites notes, minuscules même, qui nous indique qu'en fait, ce que nous avons signé dans la précipitation, nous conduit à notre perte...
Il revient également sur l'imprimerie et le développement des bibliothèques qui ont permis l'essor et la diffusion de ces dits écrits; et ce depuis la grande bibliothèque d'Alexandrie. Il est néanmoins certains que l'imprimerie a permis une meilleure circulation des livres et donc de la pensée... J'ai envie de dire des pensées. Et donc, c'est tout naturellement qu' « avec l'imprimerie, le besoin de lire et d'écrire pour soi-même se fait sentir. » Je me souviens tout particulièrement de ma soif de lire enfant, au moment de cet apprentissage. Je lisais tout, jusqu'au moindre prospectus, laissé dans la boîte aux lettres de mes parents. Plus tard, ce sont mes idées noires que j'exprimais à l'aide d'un papier et d'un stylo. Encore aujourd'hui, prendre la parole oralement est vécu comme un supplice ou presque. J'ai délaissé l'oral, la voix pour le texte, parfois longuement réfléchi ou ruminé des centaines de fois avant de le transcrire en lettres, en mots, phrases, lignes et pages.

Je reprends à présent cette idée de l'espace temps de l'écrit, qui est autre que celui que l'on vit ou que l'on lit. Ainsi, l'écrit c'est aussi une mémoire et donc une histoire, qui est assurée d'être transmise (vient ensuite le problème d'une bonne transmission, fidèle à l'originale). Et puis, « avec l'accumulation des traces, le temps devient linéaire et se déroule en fonction d'une fin qui passe par des accomplissements intermédiaires. Le parcours peut toujours être refait en sens inverse grâce à la lecture. ». Peut-être ici qu'une petite précision s'impose... le temps que l'on vit, le temps de l'Histoire au moment où elle se fait, est comme un juxebox, avec plusieurs disques empilés les uns sur les autres, ou comme un mille-feuille... ce n'est pas plat, plusieurs choses sont à prendre en considération, nous ne savons pas où nous allons. Rétrospectivement, lorsqu'il nous faut l'écrire, bien sûr il y a un début, notre naissance donc, et une fin, le moment où nous avons terminé d'écrire l'histoire, de revenir sur notre petite vie.
Mais aujourd'hui avec l'informatique, on se rapproche d'une certaine instantanéité de ce temps entre lecture et écriture (voir tweeter ou facebook ): « l'informatique va devenir une hyperécriture avec des hypertraces connaissables par tous » (j'ajoute visibles et accessibles par tous).

Seconde partie elle débute par une légende égyptienne, celle de Theuth et de Thamous (ou d'Ibis et du roi Ammoun) Ainsi Ibis invente calcul, géométrie, écriture et d'autres choses. Il va trouver le roi pour lui présenter en quelques sortes ses inventions; lorsqu'il arrive à l'écriture et ses bienfaits, le roi alors le met en garde: « elle produira l'oubli dans les âmes en leur faisant négliger la mémoire: confiants dans l'écriture, c'est du dehors, par des caractères étrangers, et non plus du dedans, du fond d'eux-mêmes, qu'ils chercheront à susciter leurs souvenirs; tu as trouvé le moyen, non pas de retenir, mais de renouveler le souvenir, et ce que tu vas provoquer à tes disciples, c'est la présomption qu'ils ont la science, non la science elle-même; car lorsqu'ils auront beaucoup lu sans apprendre, ils se croiront très savants, et ils ne seront le plus souvent que des ignorants de commerce incommode, parce qu'ils se croiront savants sans l'être. »
Il est étonnant de constater que cette légende laisse toujours des traces, aujourd'hui au XXIème siècle. En effet, à l'heure des moteurs de recherche, certains s'inquiètent de notre perte de mémoire et donc de savoir; alors que ces moteurs sont là pour nous aider dans nos recherches quotidiennes et donc, logiquement, les accroître. Serait-ce encore une querelle entre modernes et anciens? Ou un essai pour qu'on quitte des yeux l'écran de notre ordinateur, mais pour retrouver quoi, l'écran télé?
Résumons en quelques mots écriture et lecture: réservés d'abord à une élite, ayant même une connotation magique, secrète, puis avec l'invention de l'imprimerie-on se réfère ici à celle de Gutenberg-, l'écriture et surtout l'impression de manuscrits se répand (et s'il y a impression c'est que le manuscrit est terminé), la notion d'auteurs se développent également peu à peu. Il n'y a plus besoin de médiateurs entre celui qui a l'idée et celui qui écrit. Encore plus aujourd'hui, chacun peut avoir accès à une imprimante, chaque logiciel propose traitement de texte, dossiers, base de données (même si, encore bien souvent, le texte tapé à l'ordinateur se retrouve en version papier). De plus, avec internet , tout devient publiable.
Autre changement, la lecture d'abord orale, à voix haute donc, tend à devenir silencieuse, sans compter les techniques de lecture rapides. Aujourd'hui, celui qui lit à voix haute, c'est celui qui apprend et non l' « expert ».

quelques mots de vocabulaire:

Manuscrit: texte écrit à la main
Tapuscrit: texte écrit à l'ordinateur le plus souvent. Ce terme véhicule une connotation d'inachevé, comme le manuscrit.
Chirographie: écriture à la main, avec un crayon ou une plume.
Typographie: écriture à l'aide d'un clavier d'ordinateur ou d'un dactylographe ( sans oublier la machine à écrire).
Pitonner: tapoter, pianoter (varie entre le Québec et la France).

Dernière partie:
article publié dans Educatechnologiques
Tout d'abord, une constatation simple, ce que nous appelons hypermédia existaient déjà avant l'outil informatique; ce dernier a contribué à l'essor de ces mêmes média et un accès plus rapide (malgré certaines réticences). Tout ceci ne serait donc que réinvention et grâce à la « technologie pertinente » , une certaine popularisation (cf google, wikipédia, etc).
Mais qu'est ce que véritablement l'hypertexte -au service si on peut dire de ces hypermédia?
Intéressons-nous principalement à ceux qui se sont développés lentement, dans le soucis d'un apport véritable dans l'apprentissage, la pédagogie ou plus simplement aux curieux.
Bien sûr, du fait qu'il n'existe pas encore d'études sérieuses et que l'hypermédia n'est pas encore en phase de stabilisation (comme le livre ou la vidéo), il est difficile d'émettre des critiques ou d'en donner une définition définitive.

Origines:
On peut faire une analogie entre hypertexte et bibliothèque, d'une part, et hypertexte et encyclopédie d'autre part. En effet, les deux sont des bases de données. Dans la première, la flânerie est permise (ou le butinage), dans la seconde, il s'agit de regrouper tous les savoirs -donc avec un but pédagogique-, dans quelque chose qui serait universelle (et ce dés le XVIII ème siècle).
Autres ancêtres: le MEMEX inventé en 1941 par un certain Vannevar Bush, afin de collecter plus rapidement les travaux produits par des spécialistes et chercheurs plutôt isolés. Les documents récoltés sur microfilm permettaient des ponts entre discipline et laissaient une large liberté de recherche et de consultation. Pour reprendre les mots de l'inventeur, lui-même, cette machine permettait de restituer le fonctionnement du cerveau humain: « lorsqu'un item est saisi, il se colle instantanément au prochain item suggéré par association de pensées, en suivant un réseau compliqué de sentiers suivi par les cellules du cerveau » (cf « As we may think » publié en 1945).
Le projet, faute de technologie, ne vit en fait jamais le jour.

Depuis 1970, Ted Nelson et son équipe ont des projets d'hypertexte. C'est lui qui forge ce mot et l'impose. Il a en tête une nouvelle encyclopédie, adapté à chaque apprenant; c'est à dire que chacun, selon son mode de pensée et de réflexion, peut accéder à une information précise, en lien avec d'autres. Il est un utopique de l'ordinateur, et croit véritablement à une autre pédagogie possible (encore à ce jour en élaboration). C'est lui le père de XANADU, l'objectif de cet hypertexte étant « de créer une structure permettant de relier toute la littérature du monde dans un réseau de publication hypertextué, universel et instantané » (1981). Malheureusement, son langage reste compliqué!

Douglas Engelghart inventeur notamment de la souris, propose des interfaces pour mettre en place et utiliser au mieux ces hypertextes. Son vœu est d'amplifier l'intelligence humaine, de favoriser la performance et l'excellence, grâce à un projet baptisé AUGMENT. Il permet « la collecte des documents, des notes, des rapports de recherche, tout en fournissant des moyens de planification, d'analyse, de résolution de problèmes et de communication. »

Avec ces trois hommes, on reste du côté de la recherche, de l'université, d'une certaine élite donc. Le développement de logiciels acceptant l'hypertexte, dans les ordinateurs domestiques se fait grâce à Apple et surtout Bill Atkinson et l'Hypercard,qui permet facilement de créer d'autres hypertexte.
Par la suite de nombreux logiciels et projets de développement s'intéressent aussi, par le biais d'un ou l'autre aspect, à l'hypertexte. Voici quelques exemples: Black Magic, Hyperlog, Intermédia, Neptune, NoteCards, Superbook, NaviText, Writing Environment, etc.
Les technologies actuelles sont donc largement suffisantes pour une véritable réflexion et recherche, afin d'avoir des applications dans l'éducation, gérer des masses de données et les transformer en informations assimilables par l'esprit humain.

Pour une définition simple... comment ça marche
L'hypertexte est donc une nouvelle forme de butinage, vous allez d'information en information via des jeux d'associations. Il se présente sous la forme de pages ou d'écrans séparés, à chacun d'y trouver son compte. Mais attention, il n'y a pas de suite entre ces écrans- ce n'est pas un livre-: vous êtes constamment appelés à voyager, vous vous faites en quelque sorte l'auteur, en suivant le fil de la pensée qui est votre ou devient votre.
Nb:
une unité d'information = un nœud contenu dans une page ou fenêtre de l'écran.
Chaque nœud est en corrélation avec d'autres nœuds, grâce à des liens.
Un ensemble de nœuds = un réseau ou base de données.
Un jeu de liens= une navigation

Qu'est-ce que l'hypermédia?
Concept identique à celui de l'hypertexte, il propose simplement différents média: vidéo, images numérisées, graphiques, animations, sons, etc.

L'hypermédia génère cependant deux problèmes actuellement: désorientation et surcharge cognitive.
Ainsi, nous ne sommes pas encore adaptés à ce type de navigation, ce surpoids de liens et d'informations. D'autant plus que notre mémoire courte, à force de passer à une fenêtre, puis une autre, nous donne l'impression -vraie ou fausse- d'être perdu ou d'avoir tout oublié ce que nous avons vu, lu, exploré.
C'est pourquoi la petite flèche permettant de retourner en arrière, ou l'outil historique dans un moteur de recherche, sont si importants et utiles!
Par contre, une fois assimilés, ces problèmes permettent plus facilement « génération et l'organisation des idées, l'établissement des lieux de résolution des problèmes et même l'écriture en collaboration ».

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