mardi, novembre 10, 2009

la lettre


Je crois que j'ai envie de vous parler de ma récente visite à mon père.


J'y suis aller avant tout pour voir ma princesse Kiana, ma nièce que j'aime déjà si fort!

C'est fou, il a juste fallu que je pose mes yeux sur elle. Et voilà, aussi simple que cela!


Dans mes bagages, hormis au moins 10 kg de cadeaux pour cette petite merveille, une lettre adressée à mon père.


Je suppose que vous vous doutez déjà que nos rapports sont compliqués.


Je l'ai toujours trop aimé... mon drame sans doute. En fait, j'ai toujours trop aimé les hommes qui ont tant compté dans ma vie!


Sauf que mon père idéal n'existait qu'à la télé et dans mes rêves d'enfant. Pendant longtemps, j'ai gardé cette image.

Du haut de ce piédestal, je lui ai donné trop de droits sur moi.


S'en est-il rendu compte? J'en doute fort. Du même que le mal qu'il a pu me faire.


J'ai écris une première lettre. je l'ai montré à trois personnes: pas tellement pour leur avis, plus pour qu'ils le sachent. Pour me sentir soutenue aussi.


C'est tellement plus facile d'avancer quand on ne se sent pas seul!


Sauf que j'ai supprimé par erreur cette lettre de ma boîte mail et que je n'avais plus l'original papier.


Je crois que quelque chose dans ma petite tête m'a conduise à cette erreur!


J'ai eu pendant longtemps la trouille de sa réaction: qu'il se fâche, ne veuille plus me voir, que je le blesse...


Culpabilité, crainte de la petite fille terrorisée qui était encore là, tout près, de cette femme que j'essaye de devenir.


A quelques jours du vol, j'ai pris mon cahier que je garde toujours à porter de main... sur ou sous mon lit! et j'ai réécrit une seconde version... moins dure que la première.


J'ai déchiré les feuilles, les ai bien pliées et rangées dans une pochette où j'avais déjà glisser mes billets d'avion.


Je ne lui ai pas donné de suite à mon arrivée. Pas que je voulais garder le suspens.

Je lui avait déjà parler d'une lettre à quelques mois d intervalle, mais je doute qu' il s'en soit souvenu.

Après tout, ma soeur enceinte et l'arrivée de bébé le préoccupaient beaucoup plus! et c'est bien normal.


J'ai attendu aussi d'être seule avec lui. Même si ma soeur était au courant, je ne voulais pas qu'elle soit présente.


Il a d'abord ri, en blaguant sur la quantité à lire. Et puis, il a commencé.

Je crois que mon coeur a cessé de se battre puis à redémarrer mais plus vite, beaucoup plus vite.


Je n'osais pas le regarder, de peur d apercevoir une émotion trop vive, de le gêner. il est pudique, ne montre pas ses sentiments.


Ce jour là, il fut fidèle à cette description, sauf à un moment où il a levé les yeux vers moi.


"ça veut dire que j'ai pas été un bon père"


Quand j'écris cette phrase, je ne sais pas si tout d'un coup, il a pris conscience de ce qu'il avait pu me faire vivre ou, s'il me posait une question... "tu penses que je...", histoire de me culpabiliser un peu!


Donc, j ai répondu naïvement:"non j'ai pas dit ça" et c'est vrai que mon père a des défauts mais il est loin d'être un bourreau!


Je devrais lui dire d'ailleurs et surtout que je l'aime et ça, ça ne changera jamais!




Après ça, il est resté calme et silencieux... Il a quand même lu toute la lettre. je l'ai d'ailleurs remercié.


Il a passé du temps avec sa petite fille et est reparti, calme, regarder un match de foot....


Moi, j'ai versé quelques larmes. Il y avait un peu de tout dans mes larmes: soulagement, peur de lui avoir fait de la peine, une page douloureuse qui se tournait, la petite fille qui pouvait respirée, l'insouciance retrouvée... tout ça mélangé pêle-mêle.


Ma petite soeur s'est inquiétée une fois de plus pour moi, pour lui, pour nous.


Je lui ai juste dit ceci:"je vais pouvoir grandir".


Et je compte bien le faire! Pour moi, pour eux, pour ma nièce, pour les enfants que j'aurais un jour.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire